Un scientifique danois comptait les insectes sur le même pare-brise, le même itinéraire, dans les mêmes conditions – 20 ans de suite. Dans la vingtième année...
En Allemagne, des bénévoles ont installé des pièges dans 63 réserves naturelles. Pas dans les fermes – mais sur des zones protégées. Même méthodologie, 27 ans. Le poids total des insectes volants a diminué de 76 %. Au milieu de l’été, période censée être le pic de la saison, de 82 %. Contrôle en 2020–2021 : aucune reprise.
Au Royaume-Uni, les conducteurs comptent les empreintes d’insectes sur les plaques d’immatriculation après le trajet. Les résultats pour l’année 2024 étaient inférieurs de 63 % à ceux de 2021. En trois ans.
Mééta-analyse mondiale de 2020 (166 enquêtes, 1 676 sites) : les insectes terrestres disparaissent à un rythme d’environ 9 % par décennie.
Pourquoi cela devrait-il nous intéresser ?
75 % des cultures alimentaires dépendent de la pollinisation par les insectes – pommes, amandes, café. Un modèle de 2025 montre ce que représenterait l’effondrement total des pollinisateurs : hausse des prix alimentaires de +30 %, impact économique mondial de 729 milliards USD, perte de 8 % des réserves mondiales de vitamine A.
Les oiseaux le ressentent déjà. L’Amérique du Nord a perdu, depuis 1970, 2,9 milliards d’oiseaux. Une étude récente : la moitié des 261 espèces observées est en déclin sévère, le plus rapidement dans les zones agricoles. Les oiseaux insectivores ont perdu 2,9 milliards d’individus. Les oiseaux qui ne mangent pas d’insectes ? Ils ont augmenté de 26 millions. Ce ratio le dit tout.
L’un des auteurs de l’étude allemande conduit un Land Rover. Il dit qu’il a l’aérodynamisme d’un réfrigérateur. Aujourd’hui, il reste propre.
Ces chiffres ne sont pas des prévisions. Ce sont des données mesurées. Et elles concernent tout le monde – de l’industrie agroalimentaire à l’agriculture en passant par chaque consommateur.
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